À la mémoire de notre partenaire, Pascal Kabungulu Kibembi

Le 24 de juin, les membres de la délégation KAIROS au République démocratique du Congo ont participé dans une commémoration pour l’ancien directeur de notre organisme partenaire, Héritiers de la Justice. Pascal Kabungulu Kibembi était assassiné en 2005 dans la présence de sa famille. Huit ans après, l’impunité demeure.

pascal kabungulu KibembiSa sœur a lu cette reflection écrit par sa veuve, Deborah, et leurs enfants :

Un mot à la mémoire de notre feu Papa Pascal Kabungulu Kibembi

Aujourd’hui ça fait huit ans depuis que tu es parti, nous laissant moi veuve et  nos enfants orphelins.  Papa, tu nous manques. Cher Pascal, à travers ces quelques phrases nous t’exprimons du fond du cœur notre profond regret de ne pas t’avoir parmi nous. Tu as été pour nous un mari et un père modèle. Ton savoir vivre et ton savoir être ont fait de toi l’homme le plus réputé en matière de défense des droits de la personne, en RD Congo en particulier et dans tout le continent africain en général.

Tu n’avais jamais peur de dénoncer tout acte de violation des droits de la personne, à tout moment et dans n’importe quelle circonstance. Tu criais haut et fort, à la radio, à la télé, dans des journaux, dans des conférences ou colloques, toutes les violences à l’égard des droits de la personne dans la sous-région des grand-lacs.  Ces ennemis de la paix n’ont pas attendu que tu arrives au bout de ton chemin, ils t’ont vite arraché à la vie en croyant que lorsqu’un arbre est coupé, ses racines aussi sont mortes.

Nous savons papa que où que tu reposes en ce moment, tu entends nos pleurs. Toi tu es parti, mais tes racines que nous sommes, défendront jusqu’au bout de notre souffle, les causes des opprimés. Nous crierons haut et fort comme toi, afin que le monde entier soit sensibilisé et soit au courant du sort de la population victime de la violation de leurs droits.

Tu es parti papa, mais tes œuvres restent et resteront toujours gravées dans les cœurs des militants de droits humains. Nous tes enfants, aujourd’hui, ne pouvons pas venger ta mort, mais nous savons que tôt ou tard le Dieu Tout Puissant rendra justice et les coupables payeront de leurs actes.

De ton vivant papa, tu nous disais ces mots « Quand je ne serai plus là, n’essayez pas de me réveiller, laissez-moi partir : j’ai tellement de choses à faire et à voir là où j’irai après ce travail ici sur terre. Ne pleurez pas en pensant à moi; soyez seulement reconnaissants pour les belles années passées ensemble; surtout n’acceptez jamais que le mal occupe une place de choix dans vos cœurs. En mon absence vous défendrez le juste, vous éviterez le mal, et essayerez de toujours faire le bien, et c’est comme ça que vous deviendrez des artisans de paix. Vous accepterez d’aller en prison, de subir n’importe quelle torture, d’être maltraités pour une bonne cause qui pourrait sauver la vie des vos concitoyens ».

Ce sont ces quelques mots qui restent gravés dans nos cœurs, qui nous réconfortent et nous donnent le courage de continuer à lutter contre la violation des droits humains.

Nous ne manquons pas aussi d’encourager ceux et celles qui aujourd’hui, se donnent corps et âme pour lutter contre les violations des droits de la personne en R.D. Congo. Nous savons que vos vies sont mises en danger, mais surtout n’abandonnez pas et ne cessez pas de crier et de dénoncer à voix haute ces crimes. Chers défenseurs de droits humains, votre travail est difficile et parsemé d’embuches; à tout moment vous recevez des menaces de mort, vous obligeant à arrêter d’exercer vos fonctions. Vous êtes intimidés par des coups de fouets, des emprisonnements sans raison, mais ne lâchez pas. Aujourd’hui vous faites la fierté de notre pays en informant le monde entier de toutes les atrocités sur les viols et violences faites au Congo.

Nous, épouse, fils et filles du feu Pascal Kabungulu, sommes loin de vous en ce moment, mais malgré tout nous continuons de lutter et de réclamer haut et fort que la paix revienne sur toute l’étendue de la R.D. Congo. En ce moment et pour honorer et immortaliser ton nom, nous avons créé une fondation en ton nom « FONDATION PASCAL KABUNGULU »  afin de venir en aide aux enfants orphelins des activistes de droits humains qui comme nous ont la volonté de poursuivre leurs études afin de préparer leur avenir, mais surtout de poursuivre le travail de leurs parents et de défendre les droits des opprimés. Nous réclamons aussi que les autorités du pays agissent en rendant justice à tous ces héros et vaillants activistes des droits humains qui ont perdu leur vie en essayant de sauver la vie des autres.

Chers amis, nous vous remercions une fois de plus de l’amour que vous nous avez démontré lors de l’assassinat de notre papa; maintenant, il est temps pour nous de continuer le travail qu’il a laissé. Nous avons tous eu de la peine de te voir nous quitter trop tôt cher papa, mais la foi nous a apporté réconfort et consolation. Papa Pascal, nous serons séparés encore pour quelque temps, mais ton souvenir aide à apaiser notre douleur. Nous savons que  tu n’es pas loin de nous. Nous ta famille, croyons fermement que le sang que tu as versé sert de sève pour la croissance de l’arbre de la Paix et des Droits humains en R.D. Congo, dans la Sous-région des Grands Lacs Africains et dans le monde entier.

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